Nos multiples rôles et responsabilités sont parfois sources de souffrance, et il n’est pas aisé de vivre notre vie pleinement dans un sain détachement.

Une vie de rêve… en apparence seulement

Dans les années 1990, j’ai la chance de partir en expatriation en Asie du Sud-Est. Là-bas, j’ai un temps l’impression de vivre tel un « roi du monde », alors que j’ai un peu moins de 30 ans. Déjà, la société pour laquelle je travaille me confère le titre ronflant d’« Indochina Area Manager ». Ensuite, je vis en apparence une vie de rêve : voyages en classe affaires, une maison de 200m² avec piscine et du personnel à mon service, la possibilité d’aller à volonté faire la fête, un week-end à Hong Kong, le suivant à Singapour ou sur une plage de Koh Samui, fréquenter des hôtels 5 étoiles et plus, etc.

Seulement voilà : en même temps que je profite de tout ce que cette vie peut m’offrir, je prends conscience que mon rôle et mes responsabilités professionnelles envahissent de plus en plus mon esprit. Et il n’est pas rare que je me réveille en pleine nuit, mâchoires et poings serrés, en pensant au travail… Dans la journée au bureau, je suis de plus en plus tendu, réactif, irritable… Le terme de burn-out n’existe pas encore mais, rétrospectivement, je peux affirmer que je n’en suis pas loin. Et cela alors que je fais pourtant beaucoup de sport (rugby, tennis, course à pieds…) pour me vider l’esprit. Je me demande alors

Comment en suis-je arrivé à ce point, quasiment sans m’en rendre compte ? Et surtout, comment sortir de ce mauvais pas, alors que mon job me passionne vraiment et que je n’entends pas compter mes heures ?

Une prise de conscience choc, prélude à une quête fabuleuse !

En observant et questionnant des amis qui ont autant voire plus de responsabilités professionnelles que moi, j’ai un choc : ces managers ne sont pas aussi stressés que moi. Et même, ils sont plutôt « relax », tout en gérant de grosses difficultés ! C’est alors que je comprends cette vérité qui me heurte de plein fouet :

Dans quasiment les mêmes situations professionnelles que mes amis managers, c’est bien moi-même qui réagis différemment d’eux : c’est moi-même qui créé mon propre stress, ma propre souffrance !

Dès lors, je dois absolument comprendre pourquoi je pense constamment au travail. Déterminer aussi quelle est cette partie de moi qui crée autant de stress relié au travail. Bref, il s’agit pour moi de mieux me connaître, mieux me comprendre, afin de retrouver un minimum de maîtrise mentale et émotionnelle. Je me lance alors, enfin, dans une véritable quête de l’essentiel, en explorant des dimensions de l’existence humaine que j’avais dédaignées jusqu’ici, la philosophie et la spiritualité.

Nombre de nos souffrances psychiques proviennent de l’identification aux rôles que nous jouons

C’est grâce à la spiritualité, indienne surtout, que je comprends enfin d’où vient mon mal : au fur et à mesure de mon aventure professionnelle, en me passionnant autant pour ce que je fais, je me suis persuadé de plus en plus intimement de ceci :

Je suis mon rôle professionnel, je suis réellement « Indochina Area Manager ».

Ce qui me définit en tant qu’être humain, c’est mon rôle au travail. Bref, je m’identifie à mon job, à mon titre et j’y deviens tellement attaché que le moindre problème, la moindre complication peuvent me mettre en stress.
En vérité, je suis comme l’acteur qui s’identifie encore à son rôle de Cyrano alors que la pièce est terminée et qu’il est chez lui : avec ses proches, il continue à parler en alexandrins, à porter costume, chapeau, épée et faux-nez, et si l’on se moque de ce dernier, il attaque !

C’est ridicule n’est-ce pas ? Ridicule, dangereux pour l’acteur et ses proches et, pour finir, douloureux.

Le remède à ces souffrances : le détachement dans l’action

Si l’identification est la cause profonde de ma souffrance au travail, alors je dois apprendre à me détacher de mon job. Je dois m’entraîner à enlever régulièrement mon « costume de manager », tout en continuant à exercer ce rôle si et quand je le souhaite.
En Occident, la notion de détachement est souvent mal perçue et confondue avec l’indifférence ou le fait de renoncer au monde. Mais cela n’a rien à voir : se détacher d’une situation ou d’un rôle, c’est tout simplement s’extraire de l’influence de ceux-ci.

Il ne s’agit donc pas de devenir ermite, ni de se couper de ses émotions. Au contraire ! Je reste dans le monde, je joue mes rôles, j’exerce mes responsabilités mais, grâce à ma posture intérieure de détachement, je suis davantage en paix et lucide.

Ce niveau de conscience si particulier et bienfaisant pour soi et les autres ne peut s’adopter en 24H chrono. Mais oui, il est possible de l’étudier et d’apprendre à le développer. Notamment grâce au coaching spirituel. Namaskar coaching & learning peut vous y aider : contactez-nous !

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